Hépatologie

Traitement de l’insuffisance hépatique aiguë

Un foie qui s’arrête en quelques jours chez une personne qui n’avait aucune maladie du foie auparavant. Une urgence, et l’une des rares situations où la greffe se décide en heures.

Un foie qui s’arrête en quelques jours chez une personne qui n’avait aucune maladie du foie auparavant. Une urgence, et l’une des rares situations où la greffe se décide en heures.

En bref

À l’hôpital
14 jours
Séjour total
45 jours
Coût
Chiffré après évaluation clinique

L’insuffisance hépatique aiguë est la perte soudaine de la fonction du foie chez une personne qui n’avait auparavant aucune maladie hépatique. Elle se développe en quelques jours ou en quelques semaines. C’est ce qui la sépare de l’insuffisance hépatique chronique, laquelle demande des mois ou des années tandis que le tissu sain est progressivement remplacé par de la cicatrice — et la différence n’est pas théorique, car la forme soudaine est une urgence prise en charge en réanimation dès qu’elle est reconnue.

Ce qui la cause

Le surdosage de paracétamol est la cause la plus fréquente, et il vaut la peine de dire clairement que cela inclut le surdosage accidentel autant que le surdosage volontaire. L’hépatite virale, en particulier B, en est une autre. S’y ajoutent d’autres médicaments et toxiques, des maladies métaboliques héréditaires, et toute défaillance circulatoire assez grave pour interrompre l’apport sanguin du foie.

Comment elle se manifeste

Les symptômes arrivent vite. L’ictère — le jaunissement de la peau et des yeux — est le signe visible. À côté viennent la perte d’appétit, une odeur caractéristique sucrée ou de moisi de l’haleine et, surtout, des changements de l’état mental : confusion, désorientation, somnolence. Ce dernier ensemble est l’encéphalopathie hépatique, et c’est lui qui décide de l’urgence de tout le reste. Les formes graves saignent facilement et présentent des difficultés de mouvement et de conscience.

Comment elle est évaluée

L’interrogatoire d’abord — ce qui a été pris, en quelle quantité et quand, car la réponse change le traitement immédiatement. Puis les analyses de sang et d’urine, et l’imagerie de l’abdomen. Une biopsie hépatique peut être réalisée pour établir l’étendue des lésions, même si chez un patient qui saigne cette décision se pèse soigneusement.

Le traitement et la décision de greffe

La prise en charge est de soutien et intensive : perfusions, contrôle étroit de la glycémie et des électrolytes, produits sanguins lorsque la coagulation est défaillante, et traitement visant à réduire les toxines qui entretiennent l’encéphalopathie. Lorsqu’un antidote spécifique existe — comme pour le paracétamol — il est administré le plus tôt possible, car son utilité diminue d’heure en heure. Le foie peut se régénérer, et dans les formes moins sévères il le fait, c’est pourquoi les soins de soutien ne se limitent pas à tenir la ligne. Lorsqu’il ne le fait pas, la transplantation est la seule option restante, et elle est évaluée en urgence plutôt que programmée. Si vous lisez ceci au sujet de quelqu’un qui va mal en ce moment, ce n’est pas une situation pour laquelle on voyage : elle se traite là où la personne se trouve, et un deuxième avis peut venir ensuite.

Cette page fournit des informations générales et ne constitue pas un avis médical. La pertinence d’une intervention relève d’un médecin qualifié ayant examiné vos comptes rendus.